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Des centaines de Burundais musulmans, démunis, auraient affronté le mois Ramadan le ventre vide, n’êut été l’aide en denrées alimentaires d’une association d’éducation spirituelle et d’appui aux orphelins (AESAO) à Bujumbura, la capitale burundaise.

Alors que l’économie du pays est fragilisée par une crise politique qui dure depuis deux mois, en raison de contestations contre la candidature à un 3ème mandat, jugé par l’opposition “inconstitutionnel”, du Président Pierre Nkurunziza, les plus faibles, paient la facture, notamment à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires.

Chaque jour, des dizaines de personnes, dont des orphelins, des veuves, des personnes âgées, affluent au siège de l’AESAO, ouvert depuis 2004, et soutenu par des fonds étatiques des Emirats Arabes Unies. 

A l’heure de la rupture du jeûne, au coucher du soleil, les nécessiteux bénéficient de la part de cette association d’un sac contenant des aliments nutritifs de base. 

“Chaque famille reçoit 25 kgs de farine de maîs, de riz, de haricots, ainsi que cinq litres d’huile et dix kilos de sucre” explique à Anadolu, Cheikh Omar Nshimirimana, représentant légal de l’AESAO, précisant que le coût de cette aide est fixé à une vingtaine de dollars environ par famille.

«Durant cette période, nous appelons les musulmans à être solidaires, à penser aux pauvres, à partager avec ceux qui n’ont rien à mettre sous la dent sans distinction de confessions religieuses, d’ethnies, de régions, etc», a-t-il ajouté. Le Chiekh a par ailleurs appelé à prier notamment pour les populations du Cameroun et du Nigéria, régulièrement ciblées par des attaques du groupe terroriste nigérian Boko Haram, il a tenu à préciser que  “ceux qui tuent au nom de l’Islam, n’ont rien compris du Coran”.

Pour les bénéficiaires, c’est un “don du Ciel” qui vient à point nommé.

«Je ne trouve pas de mots pour exprimer ma gratitude. Avec ce kit, je passerai le mois de Ramadan sans peine, mes six enfants auront à manger», se réjouit Issa, la soixantaine. Ce veuf du quartier de Buterere de la capitale burundaise est soulagé à l’idée qu’au moment où les prix de denrées alimentaires montent de jour en jour, il n’aura plus de grands soucis.